Anne Czekajewska-Jedrusik, VICO EN POLOGNE. Organon 6, 1969

198 A. Czekajewska-Jqdrusik traces de la pénétration de la pensée de Vico en Pologne il fau t se contenter de la hypothèse plutôt que de la constatation que l’on trouve ces traces dans l’oeuvre de Ignacy Wîodek2, philosophe, encyclopédiste et précurseur en Pologne de la théorie des sciences: O naukach wyzwo- lonych w powszechnosci i w szczegôlnosci ksiqgi dwie (Des sciences humaines en général et en particulier, en deux volumes) 3* 5 6 7ou chez Sta- nisîaw Staszic qui dans Ràd ludzk i4 (La race humaine) interprétait l’histoire de l’humanité d’une manière si proche de celle de Vico qu’il est facile de l ’imputer à l’influence de la lecture de Scienza nuo v a 3. En pa rtan t d’une comparaison de plusieurs textes Eugeniusz Ja rra G voit une influence préco'ce de Vico dans les ouvrages du Père Kajetan Skrzetuski de l’Ordre des Clercs Réguliers des Écoles Pieuses 1. Selon Ja rra , cet auteur, dans sa liste, scrupuleuse p a r ailleurs des sources, a omis sciemment toute référence à ce qu ’il a largement emprunté à Vico 8. Le nom de Vico apparaît pour la première fois en 1843 dans Prze- glqd Naukowy (Revue scientifique) dans lequel se trouve un article'de Feliks Jezierski, pédagogue, philosophe, critique et historien de litté ra­ 2 De même: J. Stasiewicz, Z poczqtkôw teorii nauki w Polsce. Ignacy Wlodek i jego dzielo (Les débuts de la théorie des sciences en Pologne. Ignacy Wlodek et son oeuvre), Wroclaw 1963; de même: Poglqdy na naukç w Polsce okresu Oéwiecenia na tle ogôlnoeuropeiskim (Considérations sur la science au siècle des lumières en Pologne sur un fond européen général), Wroclaw 1967; p. 144. a Rome 1870. Wlodek y a vécu 15 ans (depuis 1766 jusqu’en 1780, c’est à dire jusqu’à sa mort). /j Édition en 3 volumes, en 1819—1820. De plus une version brouillon présentée pour la première fois selon le manuscrit original. Rédaction: Z. Daszkowski. AvântHpropos: B. Sucho|dolski. Volumes 1 et 2. Varsovie 1958. 5 J. Stasiewicz, Poglcfdy na naukç w Polsce (Considérations sur la science en Pologne), p. 177, I. Chrzanowski, Historia literatury niepodleglej Polski (965—1795), (Histoire de la littérature de la Pologne indépendante 965—1795), Varsovie 1930. Voici ce qu’il écrit entre autres: «Ainsi donc l’histoire de l’humanité toute entière, sans tenir compte des nations qui la composent, s’imaginera la collision comme quelque chose d’uniforme, tout comme Vico qui s’est imaginé “une humanité idéale et éternelle. Cette façon de concevoir le problème est un péché mortel de la race humaine», p. 658. 6 Echi Vichiani nel pensiero Polacco del secolo XVIII, Milano 1952. Estratto délia Rivista Internazionale di Filosofia del Diritto 1952, cahier 3. 7 Historia polityczna dla szlachetnej mlodzi (Histoire politique pour la jeunesse noble), deux parties, Varsovie 1773, 1775; Historia powszechna dla szkàl narodowych (Histoire universelle pour les écoles nationales), Marywil 1782; Vilno, 1783 et éditions suivantes. 8 Les arguments de Jarra ne semblent pas être convaincants, surtout à la lumière de l’étude faite par A. Wojtkowski, Zagadnienia ... wielkosci i upadku paûstw i narodôw w podrçcznikach pijarskich XVIII wieku (Les problèmes de la grandeur et de la décadence des états et des nations dans les manuels des Frères des Écoles Pieuses au XVIIle siècle), dans Kultura i literatura dawnej Polski. Studia (La culture et la littérature de la Pologne ancienne. Etudes), Varsovie 1968, p. 533—554. Nous y lisons: «... Kajetan Skrzetuski et tous les autres auteurs de l’Ordre des Clercs Réguliers des Écoles Pieuses, auteurs des manuels de l’histoire ont trouvé [l’idée conductrice] là, d’où la prenait leur maître — Stanislaw Konarski: chez les premièrs écrivains français: Rollin et Montesquieu» (p. 535). Les ressemblences dans les fragments cités peuvent être tout à fait fortuites, d’autre part leur nombre minime peut confirmer les thèses de Jarra sur l’influencé des idées de Vico sur Skrzetuski.

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